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Déclaration de la Directrice exécutive du Fonds des Nations Unies pour la population, Mme Nafis Sadik

Le jour des A6 milliards@, le 12 octobre 1999

C'est aujourd'hui que l'humanité, dans l'accroissement régulier de ses effectifs, passe un nouveau chiffre, celui de 6 milliards; 6 milliards vivent ainsi sur la Terre, deux fois plus qu'en 1960 et trois fois plus qu'en 1927. Ce dernier milliard a été ajouté en un temps record, 12 ans seulement après celui de 5 milliards.

Mais derrière ces chiffres, il y a la vie d'être humains dont chacun est irremplaçable, dont chacun a des droits qu'il faut protéger, des besoins qu'il faut satisfaire. Chacun d'entre nous entre donc symboliquement dans ce dénombrement de 6 milliards.

Aujourd'hui même, 356 000 enfants naîtront dans le monde, dont 95 % dans les pays en développement. Un tiers d'entre eux naîtront dans des familles pauvres. Leurs premières années seront une lutte constante : il leur faut obtenir les éléments indispensables à la dignité humaine B eau, aliments, vêtements, logement, hygiène, éducation primaire et soins de santé.

La moitié des enfants nés aujourd'hui seront des filles; beaucoup d'entre elles devront supporter le fardeau supplémentaire de la discrimination sexuelle B inégalité des possibilités d'éducation, statut subalterne consacré par la loi ou la coutume, vulnérabilité à la violence sexuelle, aux maladies sexuellement transmissibles et aux grossesses non désirées, et dénégation de leur santé et de leurs droits en matière de reproduction.

La population mondiale augmente encore de 78 millions chaque année, et cet accroissement est concentré dans les pays qui mènent déjà une lutte difficile pour satisfaire les besoins de la population. Dans beaucoup des pays les plus pauvres les taux de fécondité demeurent élevés. Les femmes n'ont guère de choix : la moitié des 175 millions de grossesses qui interviennent chaque année sont non désirées ou inopportunes. Un grand nombre de femmes sont enceintes trop tôt, continuent d'avoir des enfants pendant trop longtemps, ou de façon trop rapprochée. Leur santé s'en ressent.

Chaque année près de 600 000 femmes meurent des suites d'une grossesse ou de soins inadéquats lors de l'accouchement, et 70 000 meurent des conséquences d'un avortement dangereux. Beaucoup plus nombreuses encore sont celles qui sont infectées ou blessées. Dans les pays en développement, 350 millions de femmes environ n'ont toujours pas accès à l'ensemble des méthodes sûres et efficaces de planification familiale. Pourtant, les couples, aujourd'hui, veulent moins d'enfants que leurs parents : si toutes les femmes et tous les hommes avaient le choix, les familles seraient moins nombreuses et l'accroissement de la population ralentirait.

Pourtant, ce 12 octobre, nous avons certaines raisons d'être optimistes. Il y a 30 ans, quand le FNUAP a commencé ses opérations, la plupart des experts pensaient que la planète ne pourrait pas supporter une population de 6 milliards.

L'effectif atteint, mais aussi le niveau de qualité de vie atteint ont défié ces prédictions des experts. L'accroissement de la population ralentit grâce à un élargissement des choix et à une baisse de la fécondité, l'espérance de vie a augmenté et les taux de mortalité infantile ont diminué. Une proportion plus grande qu'auparavant de filles va à l'école. Les familles, dans les pays en développement, sont moins nombreuses de moitié qu'en 1969 B trois enfants par femme au lieu de six. L'idée de soins intégrés de santé de la reproduction et celle de l'égalité et de l'équité entre les sexes gagnent du terrain. On cherche de plus en plus, à ce jour, à satisfaire les besoins des individus et à leur permettre d'exercer leurs droits en matière de reproduction.

En 1994, les représentants de 179 pays réunis à la Conférence internationale sur la population et le développement (CIPD) au Caire ont décidé de poursuivre l'édifice commencé et de faire face aux problèmes qui demeurent. L'examen mené cette année, cinq ans plus tard, a montré que la démarche de la CIPD rencontre certains succès. Les pays sont fermement résolus à appliquer cette démarche qui est fondée sur une expérience solide.

Nous savons ce qu'il faut faire pour garantir à tous des soins de santé de la reproduction, pour continuer à obtenir une augmentation de l'espérance de vie, réduire la mortalité maternelle et assurer la survie des enfants, pour réduire les disparités entre les sexes dans l'éducation et pour pourvoir à l'éducation de tous.

Nous savons aussi ce que cela coûterait : 17 milliards de dollars par an en 2000 pour ce qui est de la santé de la reproduction et de la planification familiale. Ce montant n'a rien d'exagéré étant donné les bénéfices que l'humanité en retirerait B et quand on sait que cela représente environ le montant hebdomadaire des dépenses d'armements.

Les pays en développement consacrent actuellement environ 7,7 milliards de dollars par an à la tâche entreprise, les deux tiers environ du chiffre retenu par la CIPD pour 2000. Mais les donateurs internationaux, quant à eux, ne fournissent qu'un tiers environ de la part qui leur avait été assignée, soit 5,7 milliards de dollars. Certains pays donateurs ont honoré leur engagement, mais la plupart des autres non.

Cette année, 185 pays ont décidé d'un commun accord que le Programme d'action de la CIPD était pratique, réaliste et nécessaire. Son application contribuera à la promotion des femmes et à la protection de leur santé, permettra aux couples de réaliser leurs souhaits procréateurs, permettra aussi d'éviter les grossesses non désirées, de réduire le recours à l'avortement, d'améliorer la santé et l'éducation des enfants, de réduire le nombre de grossesses d'adolescentes et de retarder la propagation du sida. L'application de ce Programme aiderait aussi à ralentir l'accroissement de la population, à atténuer la pauvreté, à alléger la pression qui s'exerce sur les ressources naturelles de la planète et à contribuer ainsi au développement durable.

Nous devons tenir les promesses faites il y a cinq ans. Alors que l'enjeu est si élevé pour une telle proportion des 6 milliards d'aujourd'hui, et des milliards qui viendront demain, pouvons-nous faire moins?


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